L’apport de la rétroaction par les pairs pour l’apprentissage des étudiants

Article 

Ion, G., Sanchez Marti, A. et Agud Morell, I. (2019). Giving or receiving feedback : which is more beneficial to students’ learning? Assesment and Evaluation in Higher Education, 44(1), 124-138. https://doi.org/10.1080/02602938.2018.1484881 

Résumé

L’étude présentée dans cet article porte sur les bénéfices perçus pour les apprentissages de la rétroaction par les pairs selon le rôle exercé par l’étudiant soit donneur de rétroactions ou receveur de rétroactions. Les aspects touchés par la recherche sont les apprentissages sur le plan de la cognition et de la métacognition, le développement des connaissances et des habiletés liées à la discipline ainsi que le volet affectif.

Pour cette étude, les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire administré à 188 étudiants de première année de baccalauréat en enseignement qui ont participé à une activité de rétroactions par les pairs dans le cadre de la production d’un rapport de projet de recherche. Notons que les étudiants n’attribuaient pas de résultats aux travaux, mais que l’exercice de rétroaction par les pairs était évalué par l’enseignant. Autre élément à considérer, les étudiants avaient reçu avant l’activité une formation de deux heures leur expliquant comment donner de la rétroaction et comment l’utiliser dans leur propre production.

De manière globale, les répondants au questionnaire ont exprimé que l’expérience consistait en une stratégie d’apprentissage utile et qu’elle avait servi à améliorer le travail à rendre. Les auteurs ont interprété les données recueillies en regroupant les répondants en trois catégories : ceux qui disaient avoir appris plus en donnant la rétroaction, ceux qui affirmaient avoir appris davantage en recevant la rétroaction et ceux dont les réponses n’étaient pas en cohérence avec l’un ou l’autre de ces énoncés. Les éléments soulevés pour les trois groupes étaient fort variés. Après analyse, les auteurs ont conclu que donner de la rétroaction suscite plus d’avantages rapportés par les étudiants que recevoir de la rétroaction par les pairs. En fait, les étudiants croient qu’ils ont appris davantage en offrant de la rétroaction qu’en en recevant.

Appréciation et utilisation potentielle

La rétroaction par les pairs, lorsqu’exploitée correctement, peut favoriser les apprentissages des étudiants. Cet article nous paraît intéressant entre autres parce que les résultats qui y sont présentés abondent en ce sens.

En outre, au fil de la lecture de l’article, plusieurs pratiques potentielles d’intégration de l’évaluation par les pairs (sans que les étudiants attribuent des résultats aux productions) sont présentées. Nous y voyons une sorte d’aide-mémoire pour les enseignants qui souhaiteraient mettre une telle activité en place auprès de leurs étudiants. Entre autres, les auteurs soulignent la nécessité d’offrir aux étudiants de la formation et de l’accompagnement en ce qui a trait à l’attribution de rétroactions à leurs pairs. L’activité qui a été partie intégrante de la recherche a été menée auprès d’étudiants se destinant à l’enseignement, elle avait donc intrinsèquement une portée formatrice, mais elle pourrait à notre avis être possible dans toutes les disciplines universitaires.

Notice biographique

Notice-bio_C.LeblancAprès plusieurs années d’enseignement, Céline Leblanc a entrepris une carrière de conseillère pédagogique en technologie éducative à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) où elle travaille depuis 2008. Dans le cadre de ses fonctions, elle s’intéresse particulièrement à la pédagogie en enseignement supérieur en présentiel. Entre autres, elle coordonne le programme de mentorat entre enseignants et les activités pédagogiques et technopédagogiques offertes à l’UQTR, elle collabore à la communauté de pratique en pédagogie universitaire ainsi qu’à la formation des nouveaux professeurs et des nouveaux chargés de cours de son établissement. Elle est membre du GRIIP depuis 2008 et elle participe aux Lectures choisies, au comité éditorial du Tableau, au comité des Webinaires du GRIIP et a contribué au développement des modules d’autoformation « Enseigner à l’université ».