Lectures choisies du groupe de veille no.15 - mai 2018

Le groupe de veille du GRIIP vous présente trois lectures choisies.

Les thèmes suivants sont traités :

 

La réussite aux cycles supérieurs

Pistes d'intervention pour les enseignants et les institutions afin de diminuer le stress et améliorer la santé des doctorants.

 

Référence bibliographique

P. Haag, R. Shankland, E. Osin, É. Boujut, F. Cazalis, A.-S. Bruno, (…) et M.-C. Gay. (2018). « Stress perçu et santé physique des doctorants dans les universités françaises », Pratiques psychologiques, (24), 1-20. 

doi.org/10.1016/j.prps.2017.04.005

 

Résumé 

L’article présente dans un premier temps, les répercussions du stress sur la santé des étudiants dans l’enseignement supérieur et en particulier pour les doctorants Par la suite, les auteurs présentent les résultats de leur étude voulant mesurer les effets de différentes variables (sexe, âge, filière, satisfaction liée à l’encadrement, activité physique et sommeil) sur le stress perçu et la santé des doctorants. L’étude fut réalisée auprès de 2097 étudiants-doctorants de diverses disciplines de plusieurs universités françaises.

 

C’est le modèle transactionnel, intégratif et multifactoriel de Bruchon-Schweitzer (2002) qui a servi de cadre théorique pour aborder la question de la santé des doctorants.  En résumé, les prédicteurs significatifs à la fois du stress et des symptômes somatiques sont le sexe, l’âge, et la durée des études (p. 9). On y apprend que les femmes, les étudiants les plus âgés et ceux dont la thèse dure plus longtemps ont :

  • un niveau de stress plus élevé ;
  • présentent plus de symptômes somatiques.

 

Les doctorants insatisfaits de l’encadrement de leur directeur de recherche présentent quant à eux :

  • un niveau plus élevé de stress ;
  • plus de symptômes somatiques ;
  • une qualité de leur sommeil moins bonne (p. 10).

Les étudiants de la filière scientifique sont ceux qui ont les niveaux de stress les moins élevés en comparaison des autres filières (p. 11).

 

De plus, il est intéressant de noter que les symptômes somatiques diminuent significativement après une pratique sportive supérieure à trois heures par semaine (p. 10).

 

Appréciation et utilisation potentielle 

Malgré le fait que l’étude soit réalisée en France, il y a lieu de présumer que le stress qu’engendre la production d’une thèse est tout aussi présent dans la population étudiante nord-américaine. Il est intéressant pour les enseignants de connaître les variables qui influencent le niveau de stress perçu et les symptômes somatiques afin de pouvoir mieux identifier les étudiants à risque, les périodes plus délicates et enfin réaliser à quel point la relation d’encadrement peut également être un prédicteur de stress.

 

Les résultats de cette étude indiquent également que les institutions d’enseignement devraient, dès le début des cursus d’études, mener des interventions concrètes visant à promouvoir le bien-être physique et mental de cette population étudiante. Plusieurs pistes sont abordées : démarches psychoéducatives, campagnes de sensibilisation, programmes d’activités physiques et pratiques de pleine conscience. Il serait intéressant de poursuivre d’autres études afin d’identifier quelle pratiques institutionnelles ou d’encadrement seraient les plus efficaces pour diminuer l’effet négatif du stress et ainsi avoir un impact positif pour la  réussite des doctorants.

Mots clés

Santé, enseignement supérieur, stress perçu, sommeil, activité physique, doctorat, encadrement de thèse

 

Par Renée Courville, directrice aux affaires académiques, direction de l’enseignement et de la recherche, École nationale d’administration publique

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L'apprentissage chez les adultes en enseignement supérieur

La motivation à apprendre et la diversification des stratégies pédagogiques

 

Référence bibliographique

Tremblay-Wragg, E., Raby, C. et Ménard, L. (2018). En quoi la diversité des stratégies pédagogiques participe-t-elle à la motivation à apprendre des étudiants? Étude d’un cas particulier. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, 34(1). Repéré à http://journals.openedition.org/ripes/1288

 

Résumé 

Cet article relate les résultats d’une étude de cas d’un professeur universitaire qui utilise plusieurs stratégies pédagogiques dans son enseignement et de son groupe de 59 étudiants de première année de premier cycle. Dans le cadre de cette recherche, les chercheurs ont mené un entretien avec le professeur et ont réalisé de l’observation en classe.

 

L’étude visait à établir un lien entre la diversité des stratégies pédagogiques mises en place par le professeur et la motivation des étudiants. Ces derniers ont répondu à trois reprises à un questionnaire sur leur motivation à apprendre et certains ont participé à des entrevues semi-dirigées.

 

Les résultats des analyses démontrent que, dans le cas à l’étude, les étudiants, qui étaient motivés à apprendre dès le début du trimestre (moyenne de la motivation au temps 1 de 4,16 sur 5), le sont restés jusqu’à la fin. Les stratégies pédagogiques diversifiées utilisées ainsi que les qualités personnelles de l’enseignant ont été identifiées comme facteurs ayant contribué à maintenir la motivation des étudiants.

 

Appréciation et utilisation potentielle 

Il est assez courant en enseignement de discuter de la nécessité de diversifier les stratégies pédagogiques utilisées en classe.

 

Cependant, comme mentionné par les chercheurs dans l’article : « [p]eu d’études ont documenté l’usage de stratégies multiples dans le cadre d’un même cours universitaire, bien qu’il apparaisse important d’en comprendre sa participation à la motivation des étudiants » (p. 3).

 

Ce texte nous paraît donc, pour cette raison, fort pertinent. Cette étude nous semble intéressante à mentionner, car elle constitue un premier pas dans l’étude de l’apport de la diversification des stratégies pédagogiques dans un même cours à l’université. Puisque ces stratégies ont été mentionnées comme positives par les étudiants du groupe, il paraît pertinent de s’y intéresser davantage. 

 

Mots clés

Stratégies pédagogiques; motivation à apprendre; diversification des stratégies pédagogiques

 

 

Regard sur l’apprentissage autonome des étudiants

 

Référence bibliographique

Hockings, C., Thomas, L., Ottaway, J. et Jones, R. (2018). Independent learning – what we do when you’re not there. Teaching in Higher Education, 23(2), 145-161. https://doi.org/10.1080/13562517.2017.1332031

 

Résumé 

L’étude relatée dans cet article porte sur l’apprentissage autonome chez les étudiants universitaires. Bien que les pratiques de ce mode d’apprentissage soient assez variées, la définition retenue dans l’article propose que l’apprentissage autonome est le fait d’assumer la responsabilité de son apprentissage, de définir ses propres objectifs, de choisir quoi et quand apprendre, d’observer sa progression, de développer des habiletés de questionnement et d’évaluation critique et de refléter ce qui a été appris dans le contexte du programme d’études tout en ayant le soutien de l’établissement.

 

Les données ont été recueillies auprès de 126 étudiants de disciplines variées au moyen de journaux d’apprentissage et d’entrevues semi-structurées menées par une équipe d’étudiants co-chercheurs également de diverses disciplines. L’article reprend les questions centrales de l’étude : Comment les étudiants comprennent et abordent l’apprentissage autonome? Comment les étudiants expérimentent l’apprentissage autonome? Qu’est-ce qui pourrait, selon eux, les aider à devenir des apprenants autonomes plus efficaces dans leur discipline?

 

Deux principaux constats émergent de la recherche : les participants utilisent un mélange de stratégies d’apprentissage en surface ou en profondeur lorsqu’ils sont en situation d’apprentissage autonome, selon la perception qu’ils ont de la tâche et de son intention. De plus, il semble que les pairs jouent un rôle important par rapport à l’apprentissage aussi bien comme soutien moral qu’à titre de guide ou de donneur de conseils en apprentissage autonome.

 

Appréciation et utilisation potentielle 

Cet article nous semble intéressant entre autres parce qu’il propose, à la lumière des résultats, que  les enseignants universitaires puissent jouer un rôle de guide dans l’apprentissage autonome des étudiants.

 

Plusieurs commentaires d’étudiants de cette étude indiquent que, surtout au début de leurs études universitaires, ceux-ci se sentaient perdus et plutôt incertains de la manière dont ils devaient utiliser ce temps d’apprentissage autonome. Un certain guidage, par les pairs ou par les enseignants, s’avère par conséquent nécessaire.

 

Par ailleurs, l’article propose quelques pistes de réflexion autour de la collaboration entre pairs en contexte d’apprentissage autonome. De plus, les chercheurs rappellent la nécessité d’offrir aux étudiants des défis qui requièrent l’utilisation de stratégies d’apprentissage en profondeur : leur temps d’apprentissage autonome devrait alors être consacré davantage à la définition de leurs propres objectifs d’apprentissage, au choix des contenus à apprendre, à la régulation de leurs apprentissages et au développement de leur esprit critique.

 

Mots clés

Apprentissage autonome; autonomie; stratégies d’apprentissage en surface; stratégies d’apprentissage en profondeur

 

Par Céline Leblanc, conseillère pédagogique, Université du Québec à Trois-Rivières

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